La nuit dormait dans les congas
Les chats errants buvaient au seuil des fers forgés
Ils allaient à contresens mais ils vivaient encore
Malgrè le fret, les billets verts et les Barbares.
Les vieux savaient qu'un jour ils viendraient
A grand coup d'Axe, à coup de taxes
Leur traverser le corps de bord en bords
Eux les Derniers Humains de la Terre...
De sa tombe Ramon Gomes de la Serna l'a vu venir :
Laissez le rhum, mouchez les cuivres
Cette Rumba est trop tranquille, laissez moi faire le guet...
Deux balles dans la nuque dans la forêt Bolivienne !
Ce n'est pas le bruit du tonnerre
Ni le fracas de la houle sur le Malecon
Mais le galop des milliers de smartphones et tablettes
Dans l'oeil panoptique de la toile Wall-Street
Et tout ce monde qui dort
Sous la torpeur du rhum, des cuivres et des volutes Coimbras
Reveillez vous : v'la les yankees, v'la les yankees
Ils coment with y go : v'la les gringos.
Ils débarquent tous les jours dans les baies profondes
Là où les cochons les ont autrefois humiliés
Ils disposent leurs cartes bancaires comme des boucliers
et l'un d'eux - toujours plus arrogant - s'empare du mégaphone
Nous venons de la part du Big Contrôle
Son laser vibre dans le pôle
Nous avons tout tout tout conquis
Jusqu'à la glace des Galaxies
Le Président m'a commandé de pacifier le monde entier
Nous venons en amis... Believe me !
Maintenant assez de discussions, et signez moi la reddition
Car bien avant la nuit, nous regagnerons la Virginie
Madre de Dios, v'la les yankees, v'la les yankees
Ils coment with y go : v'la les gringos.
Le piano droit d'Ibrahim s'est distordu
La Guitare de Compay a vu ses cordes s'étioler
C'est dans un mur d'enceintes technos que la voix sans timbre à exigé :
Je compte jusqu'à trois et toutes vos filles pour nos traders
La Canne à sucre, la café, le tabac, l'or noir et vos secrets
Tout désormais nous appartient !!!
Et pour que tout soit bien compris
Il a compté deux fois
Et pour les news, la NBC
Finis les haricots rouges : Burgers are no more waiting...
Du fond des mogotes où Carla parle aux ancêtres
Ses mains ridées sur les feuille de tabac odorant
il n'y a pas eu de cuivres, pas de congas, pas de rumba
Mais seulement la voix de Marti sortie des roches millénaires
Hey Gringo, escucha me Gringo !!!
Nous avons traversé des continents
Des Océans sans fins
Dans des cales miteuses tressées de chaines
Et nous voici devant vivants
Fils de Toussaint ou de Barbus, et de leurs rêves
Et tu nous tends ton miroir menteur
La vie dans le reflet d'un glaive
America, Europa, China, vos dragons fous s'ennuient
Amenez les, qu'on les achève
Caligula ses légionnaires, vos présidents, leurs millionnaires
Sont pendus au bout de nos lèvres
Hey Gringo, t'auras rien du tout, rien d'eux, rien de la règle de Ocha
De leur mémoire de la mémoire des premiers enchainés
Jusqu'aux aux poèmes cryptés des diarios de motocycleta
Ho Gringo : Va-t-en, va-t-en !!!
Allez Gringo, que Dieu te blesse !!!
La nuit dormait dans les congas
Les chats errants buvaient au seuil des fers forgés
Ils allaient à contresens mais ils vivaient encore
Malgré le fret, les billets verts et les Barbares.
samedi 1 août 2015
jeudi 25 juin 2015
Quand la Philosophie se sait dépendante de la Poésie...
Gaston Bachelard, philosophe, poète, plume magnifique et grand penseur du 20 ème siècle a donné une conférence, une causerie en 1949 sur la rêverie de la radio. C'est un document précieux, une archive singulière, la voix de Bachelard. Son ironie, sa malice et son plaisir de la dérive sont jubilatoires à entendre. En 1949 Gaston Bachelard proposait de guérir l'insomnie au moyen de la rêverie suscitée par la radio et il cherchait comment radiodiffuser les principes de la rêverie.
Le lien ici :http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=5045269#
mardi 5 mai 2015
A propos d'héritage dans la théorie critique...
Certains
lecteurs attentifs me font remarquer avec un brin d'agacement, la
récurrence de références à un certain nombre d'auteurs "d'un autre temps"
(sic !), dont je persiste à penser que s'ils apparaissent comme des
Vieux - puisque pour la plupart tous décédés - la pensée reste
résolument moderne. Ce qui donne valeur à la construction de l'esprit,
ce n'est pas tant son caractère opératoire immédiat sur le réel, que la
dimension de dévoilement des processus et contenus latents, qui ne nous
apparaissent jamais immédiatement, embués que nous sommes par les
déterminismes psycho-sociaux dans lesquels nous nous débattons au
quotidien.
De
ce point de vue, il est rassurant de savoir que la conscience critique
perdure, en dépit des conditions d'existence dans lesquelles le Capital a
assignées nos vies atomisées. Si la question anthropologique cruciale
de l'Héritage a longtemps été arraisonnée aux conditions marxiennes de
la lutte de classes, il y aurait dès lors une certaine forme de paradoxe
à constater que les Vieux ont également réussi à transmettre : pour un
nombre d'héritiers certes modeste, mais dont la qualité pour faire
renaitre le capital transmis, mérite plus que de l'intérêt.
Car
le capital symbolique est peut-être le seul et unique capital qui
vaille, dans un monde où l'absolu règne généralisé des marchandises,
nous mène - comme à notre insu - sur le chemin de la sauvagerie
collective. Il nous faut nous réapproprier un certain nombre de
prédicats du jeune Karl Marx, qui critiquait aussi bien le mode de
distribution que le mode de production capitaliste, en partant de
l'analyse des catégories - (historiquement déterminées par un mode
d'organisation : celui du Capitalisme naissant du XIXè) - que sont le
travail,
la marchandise, l'argent, le fétichisme et la valeur. Il y développait
la notion de borne interne : la raison et la logique instrumentale
(issues des sciences) principes moteurs de la logique du capital,
engendreront par un mouvement dialectique négatif, le déclin de la
praxis humaine, pour laisser se déployer sans horizon et sans sens, les
notions de sujet-automate :
Le travail automate :
- ce qui donne une valeur initiale (usage) à une marchandise produite c'est le travail humain;
-
mais ce qui donne de la survaleur à la même marchandise généralisée,
c'est la disparition du travail humain (et de sa valeur) ;
La marchandise automate
-
ce qui donne une valeur initiale (usage) à l'automatisation de la
production de marchandises, c'est la mise en circulation d'une quantité
infinie de mêmes marchandises ;
-
mais ce qui donne de la survaleur à cette sur-quantité, c'est la
circulation d'argent nécessaire pour les produire, les distribuer et au
besoin les détruire, donc la disparition de la marchandise (et sa
valeur);
L'argent et la valeur automates
-
ce qui donne de la valeur initiale (usage) la circulation automatique
de l'argent c'est la création d'une frontière (à la fois réelle et
fictive) entre créance et dette ;
-
mais ce qui donne de la survaleur à la dette, c'est l'argent qui
valorise l'argent, désarrimé de toute contingence humaine et pratique.
Ad lib...
Aujourd'hui,
dans un système planétaire globalisé, le Capitalisme financier n'est
rien d'autre que ce nouveau stade où la survaleur du Capital ne peut plus fonctionner que sur un
processus d'automatisation de l'argent fétichisé.
Quelle est donc cette pulsion morbide qui anime tout sujet au détriment d'une exigence critique et éthique radicale ?
Quelques Jeunes Vieux y travaillent. Merci à eux.
http://www.palim-psao.fr/
http://revueillusio.free.fr/index.html
mardi 17 février 2015
Entre Reconnaissance et Effroi, entre Mimesis et Catharsis, la Poétique et son double selon Wajdi Mouawad.
« Le
théâtre, comme la peste, est à l'image de ce carnage, de cette essentielle
séparation. Il dénoue des conflits, il dégage des forces, il déclenche des
possibilités, et si ces forces et possibilités sont noires, c'est la faute non
pas de la peste ou du théâtre, mais de la vie. »
(Le Théâtre et son double,
Gallimard, Paris, 1938 ; rééd. coll. Idées Gallimard, 1985, p
36)
Wajdi
Mouawad est un prisme. Ses écrits (théâtraux, romanesques, poétiques) nous
saisissent avec l’exacte précision du daguerréotype. Sans aucune
imperfection, ni de forme, ni de profondeur. Ses mots
à eux seuls, mais plus encore les choix scénographiques qui les exposent, deviennent
dès qu’ils s’extirpent de leur impression typographique, une chambre noire de
nos désirs, de nos peurs, de nos
torpeurs, de nos lâchetés. Comme un miroir matinal et glacial de nos existences
outrées et sidérées par l’inconscient qui gouverne nos nuits.
Wajdi
Mouawad n’écrit pas, il ne met pas en scène : il instantanéïse nos pensées secrètes. Parce qu’il parle du monde, de
la guerre, de l’exil de l’amour, du désir, du pouvoir, du sexe, du mensonge. Donc
du sang[1].
De Beyrouth à Paris, de Rouen à Montréal, il est - comme la figure du Damné chère à F. Fanon[2],
devenu Enfant/Homme lacéré par les lames implacables d’un ordre du Monde, qui
lui/nous échappe. L’enfance, les odeurs,
les goûts et les bruits familiers, leurs correspondances à travers le spectre
chromatique, ces infinis moments (parce que parfois si fugaces) de
structuration de soi, exposés brutalement à la folie des adultes. Sans préavis,
sans sas ! Il n’y pas eu de transit. Il n’y aura que de l’exil et du
manque. Pour lui, mais aussi sa sœur, devenus
brutalement en une nuit deux enfants qui découvrent l’étal du boucher.
Se
masquer d’abord les yeux pour mieux contempler l’horreur et la fascination, à
travers le filtre des doigts qui ne sont pas encore souillés. Vomir et hurler, se prostrer et s’arracher à
l’arraisonnement d’un monde qui sombre dans le néant. Et puis lire, lire,
encore et toujours lire. Comprendre peu à peu que seule l’alchimie des mots
transfigurant la nature, donne du sens[3].
Jamais explicite. Toujours au-delà de ce qui est typographiquement signifié.
Il n’est pas complètement
hasardeux que Wajdi Mouawad soit retourné après sa formation théâtrale
canadienne aux ressorts et desseins de la tragédie grecque.[4].
Car comme les trois grands maîtres de la discipline (Eschyle, Sophocle et
Euripide), il joue avec une dimension double et enchevêtrée dans tous les
domaines : le texte/l’espace scénique l’intrigue/les péripéties, les
acteurs/le chœur, le texte/les images représentées. Cette division de l’espace
scénique et de son champ signifiant, n’est pas uniquement méthodologique au
service d’une pédagogie pour le spectateur. Elle est bien plus dialectique, car
postulant que raison et sens, logos et hubris, sont au service d’une commune acuité
aiguisée. De soi comme des autres. Mais aussi de l’autre qui sommeille en
chacun d’entre nous.
Pour mémoire rappelons que chez
Aristote, à la différence de Platon, le terme le plus large embrassant l'art
poétique, (ou poiètikè), est celui de la mimèsis, traduit
traditionnellement par imitation, et plus récemment[5] par représentation, Pour Aristote
l’art de la Poétique, s’appuie
sur la mimèsis et comprend « l'épopée,
la poésie tragique, la comédie, et l'art du dithyrambe »[6]. A la différence de Platon qui limitait
la mimesis au seul registre du discours
réel dans le logos, Aristote assigne ainsi à ces quatre genres les fonctions
d’une « mimèsis symbolique et cathartique, conditions préalable à toute éthique » du vivre ensemble.[7]
Trois sortes de distinctions sont
aussitôt introduites dans la mimèsis : les moyen de la
représentation (en hois), les objets de la représentation (ha),
les modes de la représentation (hôs). Aristote montre à ce propos le ressort
subtil et heuristique de la tragédie, qui en jouant avec chacun des trois
paramètres, produit chez celui qui écoute et regarde, comme « un changement en
sens contraire dans les faits qui s'accomplissent […] selon la vraisemblance ou
la nécessité[8]»
C’est ainsi qu’empruntant à ce
modèle de rupture du schéma narratif linaire autant qu’à la règle des trois
unités, Mouawad pousse admirablement bien l'art de
tendre l'action, susciter le désir d’identification pour, au détour d’un mot ou d’un visuel, faire
naître la peur, faire monter le dégoût, voire la nausée. Par exemple
dans chacune des mises en scène de sa
propre trilogie[9],
mais aussi par la reprise de textes d’auteurs[10]
propices à l’exposition des mêmes processus psychiques chez le spectateur, Reconnaissance et désafiliation enchevêtrées,
comme une boucle étrange propre à soutenir l'art de dévoiler simultanément, le
symbolique caché dans le réel en même temps que la dimension psychique opérante
et réelle de tout mythe[11].
Lorsqu’il se risque lui même à
l’écriture, Wajdi Mouwad semble guidé par cette idée maîtresse :
alors il invente de nouvelles fables,
allégories, ou récits plus élaborés sur le modèle des mythes anciens, dont il
reprend les thèmes et les fonctions structurantes sur le plan imaginaire et
symbolique, pour rendre compte de la composante non rationnelle de certains questionnement
ontologiques chez l’homme[12]. Ses textes sont alors écrits comme ils sont
pensés, avec un soin, un scrupule qui ne permet pas au lecteur la moindre
distraction. Tous les mots y sont choisis, pesés, employés dans leur sens
propre et précis ; souvent une particule a besoin d'y être remarquée, méditée,
à cause de ses rapports essentiels au sens : tout y est nerf et tension, essence
et substance.. Wouajdi Mouwad nous annonce lui-même un plan plus étendu que ce
qui nous reste. On y trouve la définition exacte de la poétique aristotélicienne,
prise dans sa globalité, et les
différents registres sous lesquels elle « embarque son lecteur
hypocrite semblable ».
.
Wajdi
Mouawad est un poète dramaturge qui pratique
la philosophie dangereuse. Celle de la communication réelle au-delà des mots
posés. Au-delà des mots agglutinés. Vous avez remarqué que chez Wajdi Mouawad,
le moindre signe de ponctuation parle et résonne[13].
Pas comme dans la communication moderne
des auteurs qui - se pensant poètes, romanciers, essayistes à l’effigie d’Hermes – ne font que révéler leur
servilité. Ne jamais oublier que même divin, Hermes reste l’esclave de Zeus.
Wajdi
Mouawad n’a pas honte d’être humain[14].
Trop de nos semblables l’éprouvent. Pas seulement dans les situations
extrêmes, décrites par les catastrophistes patentés - mais dans ces
conditions insignifiantes que sont la bassesse
et la vulgarité d’existence qui hantent quotidiennement nos rues
supermarchés..
Toutes ses histoires parlent en miroir
de l’ignominie des possibilités de vies qui nous sont offertes[15].
Toutes ses fictions poétiques
fonctionnent comme des poupées gigognes. De l’horreur à la magie. Du désastre
à l’émerveillement (plus que quotidien). Du dedans au dehors. De l’intérieur
impossible de nos rêves à l’extérieur irréel des anecdotes quotidiennes[16]. Dans toute leur horreur, toute leur réalité. Simplement
avec des mots. « pensés comme des
armes scalpel ». Il n’y a pas
d’autre moyens que de faire ce que la nature nous enjoint d’être : animal[17].
Et pourtant Wajdi Mouawad transmute le dégoût en or.
Wajdi
Mouawad fricote avec nos pensées
secrètes. Inavouables. Même sur l’oreiller. Surtout en société ! La mimesis
et la reconnaissance - les portes fermées, les papillons morts – réclament toujours un malin à deux têtes : le diable qui
exsude le mal et dispense d’affronter le feu du négatif. Et le prince charmant,
par un simple baiser, éveille les vertus et la morale. C’est tout le miracle de
la science moderne que d’avoir réconcilié ces deux figures opposées à travers
le transparent concept de “chaos “: de la bouillie originelle de tous les
possibles au cyber-marché libertaire.”. Wajdi Mouawad dialectise autrement ses deux impasses du XXIè
siècle : « pourquoi sommes nous convaincus que nous ne pouvons pas
véritablement parler aux gens ? » Et si les portes de nos émotions étaient
réellement ouvertes ? Et si les papillons - que nous croyons tous morts – s’y
étaient donnés rendez-vous. Là juste derrière : poussez vos portes[18]…
Wajdi Mouawad - à sa façon - déconstruit la théorie (économico-politico-civilisationnelle) du chaos. Tous ses écrits montrent que
cette dernière n’est finalement que la descente de lit du couple amoureux. Elle
ne sert à rien pendant l’acte de
création. Elle ne connaît pas la volonté sublime qui réside, tant dans la
conscience que dans le fantasme. Wajdi Mouawad est dangereux : il est le concentré littéraire de tous les
psychotropes et autres produits dopants. « Qu’est
ce que vous lisez ? » « Du Wajdi Mouawad »
« Embarquez moi ça ! Dégrisement immédiat » L écriture de Wajdi
Mouawad nous force à penser la police du livre et de la pensée imaginée par
Farhenheit 451. Parce que qu’elle nous oblige à sortir des schémas
préconstruits. Parce que ses histoires pulvérisent les modèles importés clés en
mains de l’inachèvement des langages philosophiques, religieux et/ou
mathématiques[19].
De même
que le chaos est à la mécanique ce que le vouloir est à l’éthique, de même Wajdi
Mouawad est à la littérature et la poésie ce que le Désir inconscient est à la
Rencontre. L’ordre surgit du hasard. Quand je reprends à n’importe quelle page un
ouvrage de Wajdi Mouawad, une fois le livre refermé, je sais la certitude que
le désordre du monde est aussi le volcan
amoureux des rencontres impensées, insensées. Toutes les guerres créent un
climat typique où l’être désiré devient le baromètre des secousses publiques. Avec Wajdi Mouawad nous apprenons intérieurement
à nous comprendre comme une vaste cité tremblante d’envies[20].
[2] Fanon (F) Les Damnés de la Terre, 1961, rééd., La Découverte, 2002
[4] Mouwad ((W) : avec
successivement les mises en scènes suivantes : 1998 : Œdipe roi de Sophocle, 1999 : Les Troyennes d’Euripide, 2011 : Des femmes - Les
Trachiniennes, Antigone, Electre de Sophocle,
Festival d’Avignon, Théâtre Nanterre-Amandiers , 2013 : Des héros - Ajax,
Œdipe roi
de Sophocle,
Théâtre du
Grand T, Nantes
[5] A partir du XIè siècle en Europe avec la
tradition des Trobars : la poésie des troubadours est une littérature
poétique en vers réguliers, destinée à être chantée,
voire mise en dialogues et représentée en
saynètes. C’est dans son prolongement que va naître le théâtre classique
arraisonné par tout un ensemble de règles formelles.
[6] Chap
III : Différentes sortes de
poésie selon le manière d'imiter, p14, in Aristote :
Poétique, Gallimard, NRF
Essais, 1996, (Trad J. Hardy,
Pref Ph Beck), p14
[7] Aristote : Éthique
à Nicomaque, Paris, Flammarion,
coll. GF 2004, p 72
[8] Chap VI : Définition de la tragédie. - Détermination des parties dont elle
se compose. - Importance relative de ces parties,, p 39, in Aristote, op cité
[9] Littoral, Incendies,
Forêts, la trilogie, Festival d’Avignon,
2009
[10] Mouawad
(W) : mises en scène de Don Quichotte de Cervantès
(1995) , Les Trois Sœurs
de Anton Tchekhov (2002) et Ma mère chien de
Louise Bombardier
(2005)
[11] Durand G : Les
Structures anthropologiques de l’imaginaire, Dunod, 1996 Notamment dans ce
passage : « Réel et
l’imaginaire doivent s’entendre comme le m^me lieu d’un douvble mouvement dans
lequel la représentation de l’objet se laisse assimiler et modeler par les
impératifs pulsionnels du sujet, et dans lequel réciproquement, les
représentations subjectives s’expliquent
par les accommodations antérieures du sujet au milieu objectif. » p
17
[12] Mouawad
(W) : Littoral,
coédition Leméac/Actes Sud-Papiers, 1999, 2009 (partie 1 du cycle
Le Sang des Promesses) , Incendies,
coédition Leméac/Actes Sud-Papiers, 2003, 2009 (partie 2 du cycle
Le Sang des Promesses), Forêts, coédition Leméac/Actes Sud-Papiers, 2006 (partie 3 du cycle Le
Sang des Promesses), Ciels, Actes Sud, 2009 (partie 4 du cycle Le Sang
des Promesses)
[13] Mouawad (W) : Le
Poisson soi (version quarante deux ans), Editions Boreal 2011
[15] Mouawad
(W) : : Les tigres de de wajdi
Mouawad, Editions Joca Seria 2009
[18] Mouawad
(W) : Un obus dans le cœur, Actes Sud Junior-Leméac, 2007
mardi 10 février 2015
Parce qu'il ne faut jamais oublier....
les écrits des "Vieux" qui parlent pour "dans 10 000 ans"...
Allende
Ne plus écrire enfin attendre le signal
Celui qui sonnera doublé de mille octaves
Quand passeront au vert les morales suaves
Quand le Bien peignera la crinière du Mal
Quand les bêtes sauront qu'on les met dans des plats
Quand les femmes mettront leur sang à la fenêtre
Et hissant leur calice à hauteur de leur maître
Quand elles diront: "Bois en mémoire de moi"
Quand les oiseaux septembre iront chasser les cons
Quand les mecs cravatés respireront quand même
Et qu'il se chantera dedans les hachélèmes
La messe du granit sur un autel béton
Quand les voteurs votant se mettront tous d'accord
Sur une idée sur rien pour que l'horreur se taise
Même si pour la rime on sort la Marseillaise
Avec un foulard rouge et des gants de chez Dior
Alors nous irons réveiller
Allende, Allende, Allende !
Quand il y aura des mots plus forts que les canons
Ceux qui tonnent déjà dans nos mémoires brèves
Quand les tyrans tireurs tireront sur nos rêves
Parce que de nos rêves lèvera la moisson
Quand les tueurs gagés crèveront dans la soie
Qu'ils soient Président ci ou Général de ça
Quand les voix socialistes chanteront leur partie
En mesure et partant vers d'autres galaxies
Quand les amants cassés se casseront vraiment
Vers l'ailleurs d'autre part enfin et puis comment
Quand la fureur de vivre aura battu son temps
Quand l'hiver de travers se croira au printemps
Quand de ce Capital qu'on prend toujours pour Marx
On ne parlera plus que pour l'honneur du titre
Quand le Pape prendra ses évêques à la mitre
En leur disant: "Porno latin ou non je taxe"
Quand la rumeur du temps cessera pour de bon
Quand le bleu relatif de la mer pâlira
Quand le temps relatif aussi s'évadera
De cette équation triste où le tiennent des cons
Qu'ils soient mathématiques avec Nobel ou non
C'est alors c'est alors que nous réveillerons
(Léo Ferré - 1974)
lundi 9 février 2015
Une immense accumulation de paradoxes.
1
Toute
la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions
modernes de la critique du positivisme classique, s’annonce
comme une immense accumulation de paradoxes.
2
Le
paradoxe se présente à la fois comme le système même
(sujet/sociéte), comme une partie du système, et comme instrument
d’unification. En tant que partie du système il est expressément
le secteur qui (depuis la révolution quantique) concentre tout
regard et toute conscience. Du fait même que ce secteur est
séparé , il est le lieu du regard abusé et de la fausse
conscience ; et l’unification qu’il accomplit n’est rien
d’autre que le langage officiel de la séparation réunifiée.
3
Le
paradoxe, compris dans sa totalité, est à la fois le résultat et
le projet du mode de critique existant. Il constitue le modèle
présent de la vie critique dominante. Il est en même temps
l’affirmation omniprésente du choix déja fait d’une critique du
système monde, et de sa production corollaire. Forme et contenu du
paradoxe sont identiquement la justification des conditions et des
fins du système existant. Le paradoxe est enfin la présence
permanente de cette justification, en tant qu’occupation de la part
principale du temps vécu, hors de la critique réelle.
4
Le
paradoxe n’est pas seulement un ensemble de critiques, mais un
rapport social et historique entre systèmes (sujet/société),
médiatisé par des critiques
paradoxales. Il ne
peut être compris comme l’abus d’un monde critique mais bien
comme le produit des techniques de diffusion massive de critiques
paradoxales . Il est
une critique réellement
impuissante, devenue effective, matériellement traduite,. C’est
une critique du système monde qui s’objective.
5
Le
paradoxe qui inverse le réel est effectivement critique. En même
temps que la réalité vécue est matériellement envahie par la
contemplation du paradoxe, elle reprend en elle-même l’ordre
critique du paradoxe en lui donnant une adhésion positive. Ainsi,
la réalité surgit dans le paradoxe, et le paradoxe apparaît
réel.
6
Le
paradoxe est l’affirmation de l’apparence critique et
l’affirmation de toute vie sociale, c’est-à-dire
paradoxale comme
simple apparence critique. Mais la critique contemporaine qui atteint
la vérité du paradoxe le découvre comme la négation visible de
la critique ; comme une négation de la critique réelle qui est
devenue visible.
7
Pour
décrire le paradoxe, sa formation, ses fonctions, et les forces qui
tendent à sa réalisation, il faut distinguer artificiellement des
enchevêtrements inséparables. En analysant le paradoxe, on parle
dans une certaine mesure le langage même du paradoxe , en ceci que
l’on passe sur le terrain méthodologique de cette sorte de
critique du système (sujet/société) qui s’exprime dans la
réification.
Mais le paradoxe n’est rien d’autre que le sens de la société
qui fonde sa cause sur sa critique, son emploi du temps. C’est le
moment historique qui nous contient. Sa chronique.
8
Le
paradoxe est le discours ininterrompu que l’ordre du monde tient
sur lui-même, son monologue élogieux, une critique supplémentaire
— un divin, hydrogène
transformé en hélium.
Le paradoxe, fétiche,
domine notre environnement de ses lois fatales. Il n’est pas le
produit nécessaire du développement naturel critique, il est au
contraire la
forme qui choisit son propre contenu critique.
9
Le
paradoxe est l’héritier de toute la faiblesse du projet
philosophique de Karl Marx, qui fut une compréhension de l’activité
humaine dominée par les catégories de l’idéologie anglaise :
l’économie politique devenue paradoxalement
religion. Le paradoxe ne critique pas la philosophie de Marx, il
philosophise sa critique : il la rend quotidienne. C’est la vie
concrète de tous, dégradée en un univers critique de paradoxes
infalsifiables.
10
Le
paradoxe soumet les hommes vivants dans la mesure où la critique
paradoxale de Karl
Marx les a totalement soumis. Il est le contraire de l’échange
des idées critiques et de la critique des idées de l’échange.
Partout où il y a représentation de critique
paradoxales, le
paradoxe se reconstitue.
11
Le
paradoxe exprime ce que tout système (sujet/société) peut
faire, mais dans cette
expression le permis
s’oppose absolument
au possible. Il
montre ce qu’il est : la puissance aliénée au service de la
critique.
13
Le
paradoxe se présente comme une nouveau paradigme indiscutable et
inaccessible. L’attitude qu’il exige par principe est cette
acceptation passive qu’il a déja obtenue par sa manière de
critiquer sans réplique, par son monopole de la critique réifiée.
14
Si
les besoins sociaux de l’époque où se développe de tel processus
critiques ne peuvent
trouver de satisfaction que par la pratique du
retrait, c’est parce
que le paradoxe est une communication
unilatérale ; de
sorte que sa concentration revient à accumuler dans les mains de
l’administration
critique, les moyens
qui lui permettent de poursuivre son existence. Dans la scission
entre la critique positive et la critique paradoxale, c’est bien
toujours le même paradoxe qui surgit : la lutte d’une classe pour
la légitimité critique.
15
Tout
communauté critique et tout matérialisme-pratique se sont dissous
au long de ce processus, dans lequel les forces qui ont pu grandir en
s’aliénant mutuellement ne se sont pas encore retrouvées. Rien
dans l’activité volée de la critique
paradoxale ne peut se
retrouver dans la soumission à son résultat.
16
Le
paradoxe fondé sur l’isolement de la critique est une production
circulaire de la critique. Il est le langage commun de l’aliénation
de tous les critiqueurs. Il réunit les aliénés mais il les réunit
en tant que critiqueurs
aliénés.
17
L’aliénation
du critiqueur au profit du paradoxe contemplé s’exprime ainsi :
moins il critique, plus il vit / moins il accepte de se reconnaître
dans les images dominantes du besoin, plus il comprend sa propre
existence et son propre désir : le matérialisme-pratique.
18
Le
succès de la critique paradoxale, son abondance - abondance de
l’absence de matérialisme-pratique - est réification du mouvement
dialectique. Dans la boucle étrange que constitue tout paradoxe, le
temps et l’espace du critiqueur lui deviennent étrangers. Le
paradoxe devient un état réifié, carte d’un nouveau monde qui
recouvre exactement son territoire.
19
Le
paradoxe est la critique
paradoxale réifiée à
un tel degré d’accumulation qu’elle devient valeur chronique du
Capital .
Inscription à :
Articles (Atom)
Ode à Charles et Raoul...
« Là où une catégorie se transforme - par dialectique négative, celle de ...
-
" Il y eut, dans la chambre de l’enfant, un cube noir qui flottait. Ni lumière, ni spectre, ni silhouette : un bloc de nuit, géométri...
-
« Là où une catégorie se transforme - par dialectique négative, celle de ...





