dimanche 11 janvier 2015





Le 11 Janvier 2015 sont morts :
- Anita Ekberg, comédienne suédoise qui a immortalisé la quintessence de la société bourgeoise (Cf Le Film La Dolce Vita)
- et Francesco Rosi, cinéaste Italien qui a passé sa vie de réalisateur cinématographique à dévoiler les ruses (religion et maffia) du Capital (CF le film Lucky Luciano).

 

(...)
 

Et le 12 janvier 2015, que faisons-nous ?

dimanche 11 mai 2014

Critique de la valeur et valeur de la critique





Premièrement  :
- Envisager la progression vertigineuse de la violence urbaine (organisée ou pas) comme une version différemment inquiétante de l’accumulation exponentielle des accords politico- mafieux, et l’une et l’autre comme des conséquences différemment prévisibles de la virtualisation de l’économie politique.


Deuxièmement :
-Concevoir la progression de  ces formes diverses de violence en tout point du globe comme une historique  et sempiternelle lutte : celle d’une classe. Ne pas réduire notre esprit d’observation à des schémas d’explication qui - spéculant par exemple sur la notion de frontière dite Nord-Sud, zone prétendue de démarcation entre les régimes démocratiques et  tous les autres, où plus grave l’inscrivant dans la spécificité de certains particularismes- feraient  de ces faits pas tout à faits divers de violence un objet entièrement maîtrisé par la pacification sociale.

Troisièmement::
-Considérer ces faits de  violence comme une dynamique apte à se manifester n’importe où, n’importe quand, sous n’importe quelle forme, par pan graduels, brutalement ou massivement. Il s’agit bien d’une guerre... D’une partie de ceux qui n’ont rien contre ceux qu’ils se représentent avoir tout. Ont-ils identifié l’ennemi avec pertinence ?


Vous ne me direz pas que j’estime trop le temps présent; et si pourtant je n’en désespère pas, ce n’est qu’en raison de sa propre critique désespérée qui me remplit d’espoir. Comment donc les hommes font-ils l’histoire à partir des conditions préétablies pour les dissuader d’y participer ?

1
Quiconque ressent la privation comme souffrance au présent , est une victime non pas de la nécessité  mais de la transe du pouvoir de transe, transe qui peut être brisée.

 2
 Vivre du plaisir en actes et faire du sens va de pair avec faire l’histoire.
Vivre de la souffrance et consommer de la critique sans esprit va de pair avec finir l’histoire.

 3
La pauvreté de la critique contemporaine est une pauvreté de passion enracinée dans le caractère prévisible d’une société malade d’elle même, suffisamment riche pour produire à la  fois de la critique  et son  corollaire immédiat, son propre déchet, fétiche tautologique  de la circulation.
  
4
Quand elle s’exerce dans un circuit fermé, la critique  se dégrade en rêve, devient simple représentation d’elle même, un déchet de son absence de réalisation. Tout ce qui  revêt un air de critique mondaine - le spectacle par exemple -  ne peut être au plus qu’une critique de l’absence d’esprit.

5 
La société de la critique mondaine trouve sa réponse naturelle dans  le torpillage de l’esprit en acte, mais elle n’est aucunement réalisation naturelle et humaine, elle est abondance de déchets. A chacun ses faux besoins  dans la consommation de critiques alors qu’au contraire c’est l’abondance   de la consommation critique qu’il s’agit de dominer.

mercredi 19 février 2014

Divine Comédie




lundi - diurne
La culture humaine - nous entendons tout ce par quoi la vie du sujet s’est élevée au dessus des conditions animales -  présente  à l’observateur deux faces :
- d’une part, tout le savoir et le pouvoir qu’ont acquis les hommes, en vue de maîtriser les forces de la nature  et de conquérir sur elle des biens susceptibles de satisfaire leurs besoins .
- d’autre part  toutes les dispositions nécessaires pour régler les rapports des hommes entre eux (en particulier la répartition des biens accessibles) et contrôler l’expression de leurs désirs.
Ces deux orientations sont enchevêtrées l’une à l’autre comme deux pôles opposés d’un aimant :
- les rapports mutuels des êtres sont influencés par la mesure de satisfaction des besoins et pulsions que permettent les richesses présentes.
- chaque individu au sens du sujet est virtuellement un ennemi désirant de l’autre et les rapports qu’il construit avec ses pairs dans la culture lui sont à la fois difficulté et nécessité, guerre et plaisir.
Ce que d’aucuns appellent l’aliénation, n’est rien d’autre que le rapport entre deux êtres médiatisé par une relation de propriété : celle de la capacité de travail et/ou celle de l’objet sexuel.

lundi - nocturne
Au milieu du chemin de notre vie
je me trouvai par une selve obscure
et vis perdue la droitière voie.
Ha, comme à la décrire est dure chose
cette forêt sauvage et âpre et forte
qui en pensant renouvelle ma peur !
Amère est tant que mort n’est guère plus
mais pour  traiter du bien que j’y trouvai
telles choses dirai que j’ y ai vues.
(Dante Alighieri (1265 - 1321)
La divine Comédie : L’enfer : chant 1)

Mardi - diurne
De tous les mythes qui ont lancé l’homme à la conquête du monde, aux risques de la perdition, il en est un qui traverse toute l’  histoire de l’occident comme un fil rouge : depuis l’origine des trois grands monothéismes (puis leurs erzats) jusqu’au dernier état de la science occidentale.
“La création est pour l’homme”  nous dit la bible et les raclures scientifiques  nobélisées de l’appel d’Heidelberg le répètent en termes équivalents : “la nature est faite pour servir l’homme”. Comble de l’anthropocentrisme : ceux qui n’ont jamais eu de proie, l’ont lâchée pour son image.
 C’est aspirer à une essence divine que de croire que la raison est toute puissante. Le sujet , tension entre deux forces contraires, doit tendre à se réaliser dans la globalité des conduites, mais doit reconnaître à jamais son incomplétude. Il n’y aura jamais maitrise de la nature.  Il y a lutte des classes toujours.

mardi -  nuit
Déjà étions en lieu d’où l’on oyait l’eau
retentir qui choit dans l’autre cercle
d’un bruit pareil au grondement des ruches
quand d’un seul coup trois ombres s’échappèrent,
courantes, d’un troupeau qui cheminait
dessous la pluie de l’âpre et lent martyre.
Elles venaient vers nous, criant chacune :
“ attends, ô toi qui au vêtir nous sembles
fils de notre cité la contrefaite ! “
(Dante Alighieri (1265 - 1321)
La divine Comédie : L’enfer : chant XVI)

mercredi - diurne
Le vrai sujet est l’homme dans son existence sensible et concrète. Il devient réifié quand au nom du progrès il devient  l’attribut d’une abstraction qu’il a posé lui-même, mais qu’il ne reconnaît plus comme telle . Le travail de l’homme n’a pas de but en soi, mais sert exclusivement à lui faire atteindre ce que lui même a créé et qui bien que conçu seulement comme un moyen, s’est transformé en une fin.

Mercredi - nocturne
Voici venir la bête à queue aiguë
qui rompt armes et murs, et les monts perce ;
celle par qui est empesté le monde !
... Cette horde image et enseigne de fraude
s’en vint hissant sur la berge sa tête
et son poitrail, mais n’y traîna la queue.
Elle avait face d’homme - et d’homme juste,
tant bénigne semblait à fleur de peau -
et d’un serpent eut le reste du fût.
(Dante Alighieri (1265 - 1321)
La divine Comédie : L’enfer : chant XVII)

Jeudi - diurne
Le progrès des connaissances à travers l’histoire a peu à peu transformé les êtres en choses et les sujets en objets : ce que le vieux Hegel avait décrit comme devenir de l’ aliénation et que le vieux Marx a développé comme comme phénomène de l’aliénation  ou  fétichisme de la marchandise,  peut aussi s’analyser sous la forme de la réification :   la métamorphose de tout ce qui est, se produit et circule entre les êtres, comme objet rationnel humainement et pratiquement vide de toute essence. Cette illusion fétichiste, dont la fonction consiste à cacher la réalité - le rapport conflictuel de désirs entre les sujets -  est entretenue par le rapport historique qu’entretiennent en se maintenant enchevêtrés, mythe du travail et mythe du progrès social apaisé.

jeudi - nocturne
La grand planté de gens, les plaies étranges,
avaient mes yeux d’un tel mal enivrés
qu’ils ne béaient qu’à pleurer désormais.
“ Que vas-tu donc guettant ?” me dit Virgile ;
“ pourquoi là-bas s’appuie encore ta vue
parmi les tristes morts déchiquetés ?
Tu n’as pas fait ainsi aux autres bouges :
or pense si tu crois ces gens nombrer
que la vallée, entour a vingt-deux milles.
Et sous nos pieds déja passe la lune :
bref est le temps qui nous reste octroyé,
et moult encor faut voir que tu n’as vu .”
(Dante Alighieri (1265 - 1321)
La divine Comédie : L’enfer : chant  XXIX)

vendredi -diurne
Le rationalisme et le progrès ne sont liés par aucune linéarité. Le mythe d’une civilisation au progrès infini a conduit l’Occident à un dépouillement total de véritable culture critique sur lui-même. La catégorisation historique des conduites humaines sous les vocables d’homo-technicus, d’homo-oeconomicus, puis d’homo-scientificus, n’a jamais pu empêcher l’apparition de l’homo-urbanus, de l’homo-corruptus, puis de l’homo-démiurgus. Alain De Lille théologien du haut moyen-âge le dit, huit siècle avant le vieux Marx: “ce n’est pas César, c’est l’argent qui est tout maintenant et qui va vider  l’homme de sa substance .”

vendredi - nocturne
Quand nous fûmes au fond du puits obscur
sous les pieds du géant très plus  à bas,
et la haute paroi encor mirais-je
une voix me fit : “ Garde à tes pas !
Va, si tu peux sans nous fouler aux pieds,
frères chétifs et têtes accablées.”
Lors vis-je entour, jusque sous mes semelles
reluire un lac qui par par gelée
eut semblance de verre et non d’eau vive.
(Dante Alighieri (1265 - 1321)
La divine Comédie : L’enfer : chant XXXII)

samedi - diurne
La célèbre phrase d’Adam Smith “Faire advenir le règne universel de l’économie” outre qu’elle scelle  comme définitive, l’alliance entre l’esprit marchand et l’esprit scientifique  s’est constituée en fait social absolu, atomisant peu à peu chacun des sujets qui nourrissait ces processus. Aujourd’hui à l’heure de la mondialisation, on arrive à ce paradoxe d’affirmer que “l’homme maîtrise le monde, mais que plus personne ne maîtrise rien “. 

samedi - nocturne
Si mon sang fut de glace et ma voix floue,
ne le demande point lecteur : c’est chose
qui ne s’écrit, car tout mot serait pauvre.
Je ne mourus, ni vif ne demeurai :
pense par toi, si tu as grain de sens,
quel je devins hors de vie et  de mort.
Là l’empereur du douloureux royaume
saillait hors de la glace à mi-poitrine
Bien mieux à un géant m’égalerais-je
qu’à son bras même aucun géant n’approche ;
tu vois quel et quant le tout doit être
qui à telle partie ait convenance.
Dante Alighieri (1265 - 1321)
La divine Comédie : L’enfer : chant XXXIV)

Dimanche- diurne
Quiconque pressent à travers toute vie réelle, l’existence secrète et intemporelle d’un manque a jamais béant, ressent nécessairement la vie comme une aventure. Il ne s’agit plus de l’analyser ou de la finaliser rationnellement , il s’agit de la vivre et de la créer avec les autres, comme unique et non-reproductible oeuvre d’art. L’oisiveté entendue comme hasard de rencontre et de création personnelle ou interpersonnelle doit aussi se cumuler avec la dérive totale des êtres et du monde. La conscience aigüe d’un monde renouvelé de créations au service d’une émancipation du sujet  véritablement libre, nécessite le renversement permanent de celle-ci. L’oisiveté, la dérive et le hasard ne sont pas des panacées: elles sont simplement la seule et fragile issue d’un monde en implosion.

dimanche - nocturne
Pour bien conter si étranges nouvelles
je dis que devant nous fut une lande
qui de son lit toute plante a bannie.
La forêt de douleur lui fait guirlande,
close à l’entour par le hideux fossé.
Nous retinmes nos pas jouxte l’orée :
Le terrain fut d’épaisse arène et sèche,
non d’autre aspect que la grève libyque
par les pieds de Caton jadis  foulée.
(Dante Alighieri (1265 - 1321)
La divine Comédie : L’enfer : chant XIV

Prisme



rouge positif : L’histoire de l’humanité est une et indivisible: identique et commune à tous. Le monde des humains et son discours est le monde dans sa totalité. Au delà des langues et des cultures, il y a une culture langagière de l’humanité, qui construit la réalité totale du monde.
rouge négatif : (voir explication)

bleu positif : Le langage est un discours sur la réalité : précipité de la culture et de la science. Ces mêmes cultures et sciences enchevêtrées produisent de la pratique, qui modifient la réalité. Ad lib. 
Ce qui se ressemble dans les discours, ce qui s’y répète, est la langue totale de l’humanité. 
L ‘idée du monde est l’idée des hommes sur le monde.

bleu négatif : Toute construction langagière  comporte sa face cachée,  part manquante du monde dans sa totalité. Renverser l’idéologie du monde c’est renverser le langage qui l’exprime. Retrouver l’idée totale du monde c’est s’emparer dans  sa totalité du renversement langagier.

jaune positif : Tout ce qui est directement vécu dans la réalité est le même pour tous. Qui a dit que l’idéologie actuelle du monde est son idée ?

jaune négatif : En même temps que l’historicisme, le scientisme a distingué et séparé la réalité du monde en langages spécialisés. De l’hypertrophie à la catégorisation
du logos sur la réalité. L’idée totale du monde consiste elle à ne rien séparer. D’où son idée.

noir : Dans les mondes séparés de l’idéologie, le langage a falsifié la réalité  du monde : la lutte des classes partout et toujours.

Blanc : Dans les mondes séparés de l’éros, la science a falsifié la réalité du monde : celle du principe de plaisir partout et toujours.






lundi 17 février 2014

A popos de la nuit des signes.

Hantés par la dernière guerre dont on nous a parlé, sidérés par celle non déclarée qui ravage notre présent, réifiés dans la pensée par l'abîme de la guerre totale et permanente, partout on ne décèle que médiocrité, bêtise et obscurantisme.
La science n'éclaire plus : elle aveugle.
La littérature ne fait plus naître le désir : elle ennuie.
Il nous faut nous diriger vers une opposition épistémologique et conceptuelle radicales, à la à l'atomisation, à la catégorisation. Car la catégorisation des concepts, des méthodes, mais aussi celles de l'écriture (en tant que production contextualisées de sens) n'a fait que catégoriser la nature, pensée dès lors comme un agrégat d'objet-marchandises. L'homme est devenu objet de lui-même, dans un processus dont la logique lui échappe.
La logique du logos est d'ordonner, celle de la catégorisation est devenue un mode de contrôle et d'auto-contrôle, de répression et d'auto-répression mais surtout  - et plus grave - un aveuglement devant le dévoilement de l'altérité et des possibles altérations du monde vécu.
Où sont les ressorts invisibles des tragédies grècques ?
Où circule la part manquante de la poésie romantique ?
Ou sont les correspondances auxquelles aspiraient les symbolistes ?
Pourquoi la beauté convulsive des surréalistes  est-elle si dramatiquement  dévoyée par la technologie numérique ?
Il nous faut retrouver cette sagesse qui consiste à considérer que tout savoir ne peut contenir le tout.
Il nous faut retrouver cette vigueur, qui en partant du manque cherche à métaboliser par l'imaginaire, les points aveugles de notre conscience/inconscience.
Il nous faut inventer une géographie des affects, avec des sextants et des compas que nous jetterons dès les premières terres désirantes conquises. Qu' importe les outils perdus, le logos sait les reproduire.
Nous pouvons disposer du temps non aliéné comme une permanence de rencontres fortuites avec l'imaginaire de l'Autre, "ce scribouillard-lecteur, hypocrite semblable, mon frère"
Alors nous pourrons jouir de la bibliothèque idéale...
Celle qui fera de la lecture une boucle spiralaire ascendante/descendante, transcendant les genres littéraires et bousculant la raison si bien ordonnée de la science instrumentalisée.






dimanche 5 janvier 2014

A propos de valeur et de domination...



C'est peu dire que tout s'effondre. Mais comme l'expliquent les Vieux, la meilleure façon de ruiner - même les ruines - est encore de construire de beaux édifices bien ordonnés. Contre ce monde renversé, dans lequel les oppresseurs pleurnichent et les prisonniers festoient, il faut plus que jamais faire le voeu insensé de l'audace, de la cohérence et de la rigueur... 
Les mots et l'écriture  seront les armes.  La lecture servira de carte d'état-major...
Il n'y aura aucune nostalgie d'un supposé âge d'or de la littérature, qu'elle soit au service de l'imaginaire ou de la pensée critique. Il reste que dans une époque où les livres-marchandises s'accumulent sur les têtes de gondoles des nouveaux temples modernes, la faculté de discriminer ce qui différencie fétichisme et émancipation semble en bien piteux état. Quelque désépérantes que puissent être la situation et les circonstances, il n'apparaît donc pas complètement inutile de retourner à quelques fondamentaux. 
Puisque le dessein caché de la domination  n'a pour seul objectif que d'anéantir l'histoire et la critique, ne désespérons de rien : car c'est lorsque l'on se pense sans ressource face à la tyrannie du  monde, qu'il faut savoir compter sur toutes, notamment celles des Vieux..

vendredi 25 octobre 2013

Pourquoi donc écrire ?

Ecrire et vivre les choses réelles.  Tout un programme. Du monde de la guerre, de la barbaque, du sang. Comme deux enfants qui découvrent l’étal du boucher.  Et qui savent que seule la poésie leur rendra la force de Prométhée. Pratiquer la philosophie dangereuse. Celle de la communication réelle.  Non celle d’Hermes le servile, l’esclave de Zeus.

La honte d’être  humain, je ne l’éprouve pas seulement dans les  situations extrêmes parfaitement analysées par la Critique, mais dans des conditions insignifiantes devant la bassesse et la vulgarité d’existence qui hantent les démocratie-marchés. L’ignominie des possibilités de vies qui nous sont offertes, apparaît du dedans dans toute son horreur, toute sa réalité. Sans mots. Il n’y a pas d’autre moyens que de faire ce que la nature nous enjoint d’être: animal.

Transmuter le dégout en or.

La superstition, - les portes fermées, les papillons morts - réclame toujours un malin à deux têtes : "le diable qui exsude le mal et dispense d’affronter le feu du négatif, et le prince charmant, qui par un simple baiser, éveille les vertus et la morale". C’est tout le miracle de la science moderne que d’avoir réconcilié ces deux figures opposées à travers le transparent concept de “chaos “: de la bouillie originelle de tous les possibles au cybermarché libertaire.”

La théorie du chaos n’est que la descente de lit du couple amoureux. Elle ne lui  sert à rien pendant l’acte de création. Elle ne connait pas la volonté sublime qui réside, tant dans la conscience que dans le fantasme. Modèle importé clés en mains de l’inachèvement du langage mathématique, elle veut devenir l’abandon de toute praxis réelle sur la totalité. Le chaos est à la mécanique ce que le vouloir est à l’éthique.  L’ordre surgit du hasard. Le cybermarché libertaire mondial également. Soit. alors le désordre viendra de nos communications délibérées.

Toutes les guerres créent un climat typique où la femme devient le baromètre des secousses publiques. Nous construirons  des cités tremblantes d’envies.

(Avec l'aimable autorisation des Editions Idéaux Carrés - Nantes)


mercredi 23 octobre 2013

Personne ne connaît le coeur secret des horloges.

 


La pluie comme une buée au miroir de l'éthique. Il est 8 h 30. Je monte dans un véhicule à moteur de couleur bleue marine Le bitume dévore les kilomètres et nos propos sibyllins. Nous sommes quatre, deux hommes, deux femmes, et roulons vers une destination géométriquement repérable: les certitudes de l'amour pour l'une, les raisons inconscientes du sang pour l'autre, la  dérisoire participation au refus pour les deux autres. Question de forme : le style apparaîtra avec l'histoire. Car au fond c'est toujours d'invective dont il s'agit. Pourquoi nos mères nous laissent-elles cette mémoire du cri ? L'idée avait pris forme dans une errance. L'encre petit-poucet de nos questionnements respectifs. Mélange des plumes et des couleurs. L'i.d. serait  la poésie de toutes manoeuvres pour la beauté du monde. Convulsive. Cri. Les mots comme seules armes d'un bouleversement total. Ready-made et raidis mes dés. Pourquoi tant de formes répétées, pour nier la dialectique du vieux Hegel ?  

Point 53, kilomètre 224, vaste  zone de repli stratégique sur une ligne de front essentielle : la circulation autoroutière. Leurs aires d'arrêt confinent aux pestilences muettes des toilettes modernes. Triomphe de la transparence du verre, aveu de la communication zéro. D'un commun accord, nous refusons l'embaumement post-industriel et préférons nourrir nos corps mammifères entre goudron ruisselant,  béton sarcophage de la poésie et pelouse transgénique. Du déchet. De son absorption, de sa déglutition, de sa régurgitation. L'art du raccourci : l'ennemi est déjà là et il nous reste pourtant 173 kilomètres avant d'atteindre une de ses possibles localisations géographiques.  

Rue des Partisans : le paradoxe des lieux nommés. En cet endroit précis, périphérie pavillonnaire, domestication de la nature urbaine, nous nous séparons définitivement. Un verre d'eau pour quelques justificatifs : du choix de l'Autre illusoire, de celui de la saignée familiale, à celui du tremblement irrémédiable de l'ordre social. Traités de stratégies divers pour même reconnaissance du coeur secret des horloges. Un pari dans Paris. Il s'agit de passer aux cartes détaillées.500 feuillets A3 dans deux sacs à dos misérables et usés. Nous déployons nos armes. Première infiltration au coeur d'un des multiples épicentres du possible. Nous quittons très vite la survie des couloirs erratépéïsés  pour préférer le labyrinthe ludique et pollué des librairies complices. Comment diffuser nos idées ? Y a-t-il des banquets inavouables ? Désaccord entre nous : le plaisir de la répartie, du jeu verbal de la séduction. A trop aiguiser le sens renversé de nos idées, nos pas ivres nous mènent sur les rebords du rat. Karl Kraus est ce jour en position centrale sur l'échiquier. Ramon Gomez de la Serna, lui sert incrédule de palefrenier. Sourire de la jeune femme ( domestique ? esclave ?), aux teneurs mercantiles : certains patronymes déclenchent le silence : voyer et les portes se ferment. " Le véritable enjeu de cette société est la communication."  David me reproche un manque de style. De l'art de la boucle. Débat. Accord cependant parfait : pourquoi sommes nous convaincus qu'il ne faut pas pénétrer les gens par leur porte de service ?  

19 h 30 : miracle de l'  errance poétique, nous rejoignons à l'heure nos semblables pour communier au rituel des estomacs. Saint-Michel et le bruit des tiroirs caisses derrière les vitrines : je laisse lentement la soie sanguine du vin grec (des surplus européens)  emplir mon corps. David me sourit : l'heure approche.
22 h 00. Nos sacs à dos sont moins lourds : il reste à porter l'attaque initiale. Je pense au bruit de l'étoffe sur un pubis. Erection. La place est calme : derrière les barreaux d'acier dressés, les colonnes du palais Brognart n'ont pas besoin de signes. Phallus dressés. De la symbolique éternelle. De la domination. Le reste, tout le reste, AMI, OMC, FMI, etc. ne sont que les spermatozoïdes de la copulation de certains. Les véritables ennemis.  
- "On attend les nantais ! Vous en êtes ?".
- "Pourquoi faudrait-il seulement que Nantes soit une fête ?"  
- " Vous faites partie de l'ATTAC ?"  
- " Nous procédons aux prémices de toutes les attaques."  
- " Ca se mange ce que vous distribuez ?" 
- " Le désir ne se lie que la tête reposée, comme Louis XVI !"  
Accélération. Les fameux nantais  sont là, le muscadet aussi. Batailles pour une huître. Qu'importe la cause, il s'agit de rencontres. Les corps se touchent, les langues se délient. Le grondement sourd des djembés scrophuleux. Les degrés en fusions de plusieurs alcools inégaux. Les yeux détournés par quelques silhouettes affinées noires. Nous sommes près de 1000, les pavés commencent à  jaillir et fuser vers les portes muettes du temple. Au loin les sourires amusés de l'ordre en képi.
0 h 45. Ce qui devait être une autre nuit du 4 Août, vire au désastre des troupes. Sempiternels corps avachis, victoire des canettes sur la conscience. Les plus dignes s'esquivent en douceur. Plaisir personnel d'avoir insulté le chien de garde de la presse socialiste en vogue. Il ne nous reste plus qu'une dizaine d'actes de naissance de l'i.d., mais nos idées encore lucides éxècrent définitivement le gauchisme sale.
1 h 50. Repli stratégique. Nous sentons le poids du temps qui s'écoule sur nos corps meurtris. Propos sur l'ennui. Propos sur l'insolence. Nous croisons au hasard de nos pas le supermarché du sexe  en kit. Qu'est-ce que la dignité ? Considérations sur l'orientation géographique la plus pertinente. Que désirons-nous vraiment.?
Soudain, elle sont là devant nous, à la fois dans la beauté plastique du prêt à porter contemporain mais aussi et surtout dans l'expression fulgurante du désir. Elles titubent plus qu'elles ne marchent. Elles s'aspirent plus qu'elles ne respirent. Elles s'embrassent et s'enlacent sans pudeur aucune. Chevelures blondes, étoffes noires, corps tendus et gestes précis autour des reins. A qui parlent-elles ainsi : à elles mêmes ou au(x) tiers voyeur(s) de la rue. Nous avançons, nous piétinons, nous bafouillons. Instant magique de poésie ou déroute définitive des bataillons d'i.d.Elles sont citoyennes du monde, américaines, suédoises, qu'importe. Le côté savamment calculé de l'accent  maladroit , une madeleine au chocolat entre deux seins. Elles sont "nomades du XXè siècle", "étudiantes à normale-sup" "mobile-phone adeptes" "because future is on the web you see."  Excitation cognitive enchevêtrée au langage des corps. La percée était brillante, la malle au trésor est vide. David relance les dés. De l'art du jeté polysémique. Je rajoute un chant à Maldoror. Elles sont stupides, elles sont spectaculairement réifiées. Elles se quittent. Séparation et perte des repères : la division renvoie au doute. Piètres chevaliers, nous accompagnons la silhouette ersatz d'un corps femelle d'humain « jusqu'à la sécurité marchande"  de son quartier. » Nous manquons encore une fois de clairvoyance :  pourquoi lui demander l'autorisation d'aller boire un dernier verre chez elle?
03 h 20. Il pleut et nos repères géographiques sont nuls. Plaisir fugace de la désorientation associée au dérèglement des sens. Jeu : il s'agit de marcher droit devant. Inévitablement le fleuve sera ou ne sera pas. Le rythme de nos pas entraîne celui de nos mots. La vague lancinante de l'alexandrin ou la rythmique guerrière de l'octosyllabe. Débat. Pourquoi toujours des mots plutôt que du silence ?
4 h 25. Les troupes sont épuisées : où sont les tentes du repli. La fluidité libertaire -commerciale du plaisir sonorisé charrie ses derniers lots de viandes ivres, empaquetés dans du désir refoulé. Où sommes-nous dans cet enfer signalisé de néons. Conversation-cigarette avec deux boat-people provinciaux du naufrage moderne. Récurrence : "rien n'empêchera la vie d'être absolument passionnante!"  Mais "nous" ne "savons"  toujours pas "comment faire". Mais-ne-toujours-pas...  
4 h 50. Que fait la lumière de l'aube ? La Seine prend forme au lever du rideau. Elles sont encore deux, plus décentes, plus humaines,  plus ivres ?  
Question : "est-ce que vous avez peur ? "
Réponse : " du mensonge des mots sur les corps ?"  
Question : "est-ce que vous vous ennuyez ?"
Réponse : " l'enfer est-il sempiternellement ainsi ?"
Question : " que désirez-vous vraiment ?"
Le silence comme aveu. L'une d'elle va vite. Elle répond n'importe quoi. Puisqu' importe. Ca. Elle sait que nous savons qu'elle sait. Une stigmate comme l'ouverture de sa jupe fendue sur le dessus du genou. Accélération. Confusion. Report. Elle nous promet au pire les insultes que justifient le manque de style. Dernier regard tendu sur les lignes de son cou.
5 h 45 : Récapitulatifs des erreurs stratégiques. Bilan des opérations insuffisamment calculées. Etat des forces. Le chant XII du Purgatoire dans nos divines comédies. Demain nous devons reconnaître d'éventuelles alliances avec des sans-culottes. Nos coeurs secrets. Mon coeur. se créé....

 

 

 

 

 

La dialective négative à l'oeuvre dans les sciences.






« Quand à l’autre aspect du devenir de l’esprit (l’Histoire), c’est le devenir qui sait - ou connaît et qui se médiatise : c’est l’esprit aliéné ou extériorisé dans le temps. Mais cette aliénation ou extériorisation est tout autant aliénation ou extériorisation d’elle même. »

(G.W.F. Hegel : Phénoménologie de l’esprit, Paris, Gallimard - Tel, 1981) 


Depuis l’adoption définitive (avec Galilée et Descartes) de la méthode hypothético-déductive comme processus cognitif dominant dans la construction de savoirs objectifs, le sujet humain, dont Kant affirmait qu’ainsi « il ne serait plus tenu en laisse par la nature », est représenté comme un sujet totalisant, dont la capacité réflexive associée à celle d’analyse, permet une maîtrise sur les objets (ou ensembles de causes) qui l’entourent. 

Parler d' attitude ou de posture scientifiques questionne donc la séparation entre les notions de sujet et d’objet, mais au delà, le statut d’autorité du discours scientifique construit par un sujet, (lui même condamné à l’incomplétude) et la croyance dans le (ou les) discours de la science.


Un étonnant paradoxe gît au sein même de la pratique scientifique et de son analyse historique : pratiquée par un sujet (ou ensemble de)  sur un objet (ou ensemble de), se rappelant sans cesse à la rigueur positive (héritée de Bachelard puis Popper), elle emploie pourtant avec un étonnant sens de la polysémie les deux termes SUJET/OBJETS, pour parler d’elle même : « singularité du sujet scientifique », « objet de recherche », etc...


K Popper tient la science pour « un code contextualisé  dans un espace-temps donné. Il indique par là, que cette séparation entre sujet et objet, apparue comme moment fondateur de la modernité, (au sens où il s’agissait d’émanciper la nature humaine) est aujourd’hui davantage un argument d’autorité (tant au sens psychosociologique du terme qu’ à sa dimension épistémologique) qu’une réalité. Tout se passe comme si construisant la connaissance d’une communauté de semblables, le scientifique distinguait ceux qui y contribuent de ceux qui n’y contribuent point, tout en restant aveugle de sa propre posture face çà ses semblables. Celà en vue d’asseoir une forme d’autorité et de pouvoir sur eux. 

De son côté, interrogeant cette question du pouvoir par le discours,  I. Stengers ou J.P. Dupuy  montrent qu’il  s’agirait alors de décrire l’activité intuitivement passionnée du scientifique pour comprendre son rapport au savoir, comme un biais de son propre rapport au Pouvoir. L’autorité de compétence d’un chercheur n’exclut en rien sa part de subjectivité. Tout scientifique s’adresse de fait à d’autres sujets humains comme lui : ce qui le motive c’est la construction de liens autours d’objets. L’enjeu du pouvoir au sein des communautés scientifiques renvoie donc au débat politique et notamment à la question enchevêtrée de la Valeur/Domination..


Ce qui semble confirmé par la tradition de la « raison oraculaire » du discours scientifique, de l’ordre qu’il installe dans et autour de sa communauté et des croyances que cette raison oraculaire génère. La division et la classification des sciences (processus qui s’est accélérée au cours des XIXè et XXè siécles) répond-elle à une raison objective du point de vue des disciplines ? Où le contexte sociétal dans lequel elles prennent place les entraîne-t-elles vers une logique utilitariste, qu’en leur temps T. Adorno et M. Horkheimer avaient dénoncé, pointant même  la logique d’une dialectique  négative : la raison instrumentale, outil du logos déshumanise le sujet, désymbolise leurs relations, et à travers la double dimension du travail concret/abstrait (développé par Marx) aliène la conscience jusqu'à un point limite dénué d'éthos.

Il y a donc bien là un objet qui fait obstacle, qui échappe, au discours de la science devenue idéologie et qui ce faisant, pousse le sujet à ses limites. L’esprit libérateur, émancipateur, voire subversif de la science serait donc, dans sa capacité à amener le sujet à conjointement :

- mener la propre autocritique de son attitude scientifique ;

- accepter la dimension de point aveugle que constitue sa posture au sein du champ ;

- renoncer à l’idée de clôture du champ, dans lequel se déploie son objet d’étude ;

Y -aura-t''il un jour - comme le souhaitaient les Encyclopédistes - pleine lumière en l’une des sciences ?  Ou au contraire toute construction scientifique (aussi codée soit-elle) n’aspire-t-elle pas à l’idée de clôture opérationnelle, de science toute puissante, de raison arraisonnante, niant la part aveugle le manque structurel réel et symbolique) de  celui ou celle qui l’énonce et la déclame ?

A propos de la richesse





Autant que les phases de création,  les phases de de décomposition d'une société sont inexplicables. A Athènes, au VIè-Vè siècle avant J.C., on  a la création de la Démocratie, l'apparition des grands poètes tragiques, et une foule de créations extraordinaire sur le plan de la société civile. 400 ans plus tard, c'est déjà fini  et il n'y a par exemple plus aucun grand poète.  Pourquoi ? Certes la guerre du Péloponnèse et la défaite athénienne jouent certainement un grand rôle. Pourtant Thucydide écrit des pages immortelles sur la corruption généralisée et entre autre celle du langage,  dont les mots se mettent  à signifier le contraire de ce qu'ils signifiaient au départ, et à être utilisés dans des sens contradictoires en  fonction du contexte et de la place de celui ou celle qui les prononcent. Mais la défaite ne suffit pas pour expliquer  pourquoi  le "Démos",  le peuple n'est plus le même.  

De même que l'enlisement dans ce qu'on appelle la crise, ne peut suffire comme seule explication. Pourquoi les individus comme les sociétés perdent-ils leur pouvoir de création ? La période contemporaine est particulièrement troublante de ce point de vue : il y a eu tous ces mouvements d'émancipation en deux siècles : le mouvement ouvrier plus ou moins confisqué par le marxisme, puis le marxisme qui s'est lui même scindé en courants opposés et contradictoires:  le bolchévisme a donné le goulag, et la social-démocratie s'est prostituée au capital.  Le résultat est que la passion, l'énergie de ceux qui ont cru en ces idées, se sont évanouies au fur et à mesure que leur rêve s'altérait.

La participation est en partie liée à la force de la conviction, à quelque chose qui s'apparente de près à la croyance. C'est aussi une question de volonté. Et les deux sont inséparables  dans le domaine politique. L'histoire humaine est toute entière création. L'apparition de nouvelles formes sociales-historiques n'est pas prédictible, car elle n'est ni productible, ni  déductible de ce qui la précède. Un "sociologue-éthnologue-psychanalyste martien" qui aurait atterri en en 850 avant J. C. n'aurait certainement pas pu prédire la démocratie athénienne. Ni  en 1780 prédire la révolution française. Or dire que ces formes résultent d'une création non déterminée des êtres humains, signifie que leur création apparaît, du point de vue de la logique habituelle, comme un cercle vicieux. Ce n'est pas le paysan  vénérant son seigneur qui participe aux mouvements qui précèdent et suivent la nuit du 4 août. En même temps qu'il y a un mouvement collectif, les individus se transforment, et en même temps qu'ils changent, émerge un mouvement collectif. 

Il n'y a pas de sens à demander lequel précède l'autre : les deux présuppositions dépendent l'une de l'autre et sont crées en même temps.  Il est vrai  que les gens aujourd'hui ne croient plus à la possibilité d'une action de leur part  sur le Politique.  Ils ne  croient pas  parce qu'il ne veulent pas le croire, et ils ne veulent pas le croire parce que ils ne croient pas. Mais si jamais ils se mettent à le vouloir, alors ils croiront et ils pourront... Refuser tout fatalisme.Toute vie permet à un moment donné de comprendre que les significations historiques du monde dans lequel nous évoluons, n'ont pas de "source absolue", que leur véritable source est notre propre activité créatrice de sens. Une seule exigence de lucidité : nous sommes mortels ! 

La tâche d'un homme libre est donc de se savoir perdu dans ce monde à priori vide de sens mais de construire avec les autres quelque chose qui ait de la signification. Il n'y a pas de sens immanent dans  l'histoire , il n'y aura que le sens (ou le non sens) que nous serons capable de de créer. Les gens qui se faisaient tuer sur une barricade ou dans un mouvement de résistance le savaient : “c'est le fait que je me bats qui a un sens , non pas le fait que dans deux siècles ou plus il y aura une  société parfaite ”. Le Vieux Georges Bataille nous le rappelle avec clairvoyance lorsqu'il écrivait: 

 “ Chaque fois que le sens d’un débat dépend de la valeur fondamentale du mot utile,  c’est à dire chaque fois qu’une question essentielle touchant la vie des sociétés humaines est abordée, quelles que soient les personnes qui interviennent et quelles que soient les opinions représentées, il est possible d’affirmer que le débat est nécessairement faussé et que la question fondamentale est éludée. Il n’existe en effet aucun moyen correct, étant donné l’ensemble plus ou moins divergent des conceptions actuelles, qui permette de définir ce qui est utile aux hommes. Cette lacune est suffisamment marquée par le fait qu’il est constamment nécessaire de recourir de la façon la plus injustifiable à des principes que l’on cherche à situer au-delà de l’utile et du plaisir : l’honneur et le devoir sont hypocritement employés dans des combinaisons d’intérêt pécuniaire et, sans parler de Dieu, l’Esprit sert à masquer le désarroi intellectuel des quelques personnes qui refusent d’accepter un système ouvert.”

(Georges Bataille, La notion de dépense, in la Critique Sociale,   Paris, Janvier 1933)






Ode à Charles et Raoul...

                                                               « Là où une catégorie se transforme - par dialectique négative, celle de ...